Phono Museum, le musée de l’histoire sonore

« J’ai visité beaucoup de lieux consacrés à la musique ou à ses techniques lors de mes tournées avec le groupe, mais je n’avais jamais vu un tel endroit, où que ce soit ». Le compliment est signé Jarvis Cocker,

«  J’ai visité beaucoup de lieux consacrés à la musique ou à ses techniques lors de mes tournées avec le groupe, mais je n’avais jamais vu un tel endroit, où que ce soit ». Le compliment est signé Jarvis Cocker, leader culte de la formation british Pulp, devenu une sorte d’ambassadeur chic de cet étonnant musée de poche qui a failli fermer ses portes l’hiver dernier (les loyers, toujours les loyers) mais qui vit désormais une seconde jeunesse grâce à des aides de la ville et à une fructueuse campagne de financement participative. Installé depuis 2004 en face de La Cigale, le Phono Museum est un endroit rêvé pour qui aime le son dans tous ses états.
Jalal, son conservateur, est un collectionneur érudit de « machines parlantes et de supports anciens d’enregistrement ». D’une générosité et gentillesse rare, il partage sa passion en retraçant aux visiteurs près de 140 ans d’histoire sonore, où il est question de feuille d’étain, cire amovible, bande magnétique et microsillon. Du premier phonographe à cylindre réalisé par Edison en 1877 à l’arrivée des compact disc à l’orée des eighties en passant par le fameux électrophone que tous les adolescents d’alors s’arrachaient, l’histoire de l’enregistrement sonore raconte en creux quelque chose de l’évolution de notre société, résume-t-il. « Il ne faut pas oublier que le phonographe était le premier produit de consommation de masse à entrer dans les foyers, avant la radio et l’électricité ! ». Le lieu est d’ailleurs décoré avec des affiches publicitaires, photos d’artistes, pochettes de vinyles, juke-box et autres logos mythiques qui ont marqué leur époque.
Point d’orgue d’une visite où les anecdotes fusent, la ribambelle de gramophones à pavillon fleur sont autant de magnifiques pièces de collection à admirer mais surtout à écouter. « Rien de plus frustrant qu’un musée qui parle de musique sans qu’on puisse en entendre, c’est pour ça que l’on ne fait que des visites sonorisées », explique Jalal, en actionnant l’impressionnant ensemble hi-fi que Maurice Chevalier avait fait faire sur-mesure pour sa résidence. Et nous voici soudainement transportés dans un film de Jacques Tati. Un bond dans le temps fascinant et enrichissant dont on se souviendra longtemps.

53, boulevard de Rochechouart, 9e. M°Pigalle ou Anvers. Du jeudi au dimanche de 14h à 18h. Tarifs pour une visite sonorisée: adulte 10 €, demi tarif de 6 à 15 ans (gratuit enfant de moins de 6 ans). Tel: 06.80.61.59.37.http://phonomuseum.fr