5 spectacles et pièces de théâtre à découvrir en avril

Certes, le mois d’avril est plus propice à (re)prendre des coups en terrasse qu’à passer ses soirées enfermé au théâtre. Raison de plus pour se pencher sur cette petite sélection des choses à ne pas manquer, même en cas de carence en vitamine D, même en cas de force majeure, même si… bon, tout le monde a compris. En avril, la saison n’est pas finie. 

ETRANGE CARGO

Pièce de théâtre Embrase-Moi de Kaori Ito
© Gabriel Wong

 

Non, Etrange Cargo n’est pas une croisière obscure à effectuer dans les cales d’un navire marchand. Ce n’est rien de moins qu’une des meilleures programmations de performances de la saison, qui annonce chaque année un printemps qu’on n’attendait plus. Et c’est dans l’adorable Ménagerie de verre que ça se passe. Et cette fois-ci encore, il va être difficile de faire un choix, entre le renversant Embrase-moi de la chorégraphe et danseuse japonaise Kaori Ito, la troublante Nouvelle Rencontre avec un Homme hideux de David Foster Wallace interprétée par l’excellent Rodolphe Congé — on en tremble encore —, la nouvelle création de la mystérieuse Isild Le Besco… Bref, à peine moins exotique qu’une croisière, mais tellement plus émoustillant !

La Ménagerie de Verre
12 rue Léchevin, 11e
Du 20 mars au 14 avril 2018

 

LA TRUITE

Acteurs sur la scène de la pièce de théâtre La Truite
© Sonia Barcet

 

C’est l’histoire d’une partie de pêche sur les bords de la Seine un dim… Non, c’est pas vrai. C’est l’histoire d’un déjeuner de famille qui tourne mal, comme tous les déjeuners de famille depuis la nuit des temps. Ici, les parents ont récemment décampé de la ville pour virer rats des champs à la campagne, avec boulangerie bio et tout le toutim. Ils reçoivent leur bien belle progéniture autour de la table, tout le monde s’apprête à entamer le plat de résistance, sauf la pièce rapportée végétarienne qui a trouvé bon de ramener sa petite truite avec elle. Et là, tout dégénère. Le texte de Baptiste Amann est jouissif, les comédiens survoltés, on voudrait continuer toute la nuit. Et pourquoi ne pas tenter de ramener une tanche pour le week-end de Pâques, juste pour voir ?

Théâtre Ouvert
4bis Cité Véron, 18e
Du 23 mars au 14 avril 2018

 

RADICAL LIGHT

Danseurs de Radical Light au théâtre de la Bastille
© Bart Grietens

 

Un mélange des genres entre danse populaire (comprendre celle qu’on ose pratiquer dans son salon à l’abri des regards ou dans l’obscurité d’un club caché derrière un plus grand que soi) et danse contemporaine (la vraie, la millimétrée, celle qui donne envie de laisser faire les pros). Avant de lancer un “Je pourrais faire pareil”, mieux vaut observer la précision avec laquelle chacun des danseurs interagit avec les autres, entre et sort du périmètre de ce tapis orange qui leur sert de ring chorégraphique. Le tout Sur une musique techno minimaliste du DJ Discodesafinado. Alors, danse formelle ou spontanée ? Les deux, et c’est un luxe.

Théâtre de la Bastille
76 rue de la Roquette, 11e
Du 9 au 15 avril 2018

 

PIERRE ARDITI LIT CE QU’IL AIME

Pierre Arditi dans son spectacle au théâtre du rond point
© Théâtre du Rond Point

 

Quand une pointure du théâtre français décide de se fendre d’une lecture de ses auteurs favoris, on a beau vouloir faire place aux jeunes, difficile de ne pas tendre au moins une oreille. Cela étant dit, la programmation du Rond-Point est tellement riche qu’on ne nous en voudra pas de faire un petit écart et d’aller vous glisser dans la salle pour écouter Pierrot lire du Yasmina Reza, du Philippe Delerm et du Jean-Michel Ribes (tiens tiens). Un spectacle idéal pour sortir avec ses parents sans avoir besoin de leur adresser la parole pendant une bonne heure. Merci Arditi. 

Théâtre du Rond Point
2bis avenue Franklin Roosevelt, 8e
Du 4 au 28 avril 2018

 

LES OS NOIRS

Installation sur la scène du spectacle Les Os Noirs
©️ Jean-Luc Beaujault

 

Qui ne s’est jamais réveillé en sursaut au beau milieu d’un rêve de trou noir ? D’enlisement inéluctable dans un sombre marécage ? On parle souvent du manque laissé par un suicide, plus rarement de sa « préparation ». C’est chose (rudement bien) faite avec Les Os Noirs de Phia Ménard. Sur un plateau recouvert de matières instablestissu, plastique, papier et métal animés par des tourbillons, des tornades et des brises — la danseuse et chorégraphe tente de décrire le doux glissement vers la mort, du gris clair au noir profond en passant par toute une gamme d’anthracites. Un spectacle d’une beauté confondante, malgré un sujet plutôt délicat.

Monfort Théâtre
106 rue Brancion, 15e
Du 29 mars au 14 avril 2018