PSYcause(s) 2

Josiane Pinson en solo « psy » ? Le style et l’univers de cette auteure-interprète sont trop jubilants pour qu’on les ait oubliés. Il est même probable qu’ils nous aient manqué.

One-woman show

Josiane Pinson en solo « psy » ? Le style et l’univers de cette auteure-interprète sont trop jubilants pour qu’on les ait oubliés. Il est même probable qu’ils nous aient manqué. C’est le sentiment éprouvé avec ce nouvel opus campé sur son sujet favori : l’inconscient de la psyché féminine. Après Psycause(s) notre psy a vacillé parfois, s’est relevée et elle réapparaît enfin pour nous conter ses difficultés (départ des enfants, divorce…) ainsi que les névroses de ses inénarrables patientes. Difficile de ne pas se fondre dans son drôle d’objet théâtral. À moins que ce ne soit lui qui nous reçoive chez « Elle », cette psy décalée aux prises avec sa parentèle (dingue), sa mère (cougar), son fils (pirate de carte bancaire), son mari (volage), etc. Dès le début, on s’amuse des réactions de ses patientes : les hernies ombilicales liées à un sentiment d’abandon de l’une ou la libido incontrôlable de l’autre, l’adepte de la « poly-fidélité » ou la délicate qui aimerait tant découvrir la dernière expo de Jeff Koons à Beaubourg avec son amant… qui n’aime que le rugby, le rustre. Formidablement incarnées par la comédienne, ces drôles de dames nous confrontent à nos propres angoisses, entre humour noir et empathie. Mais comment diable fait-elle avec tant de personnages, tant d’incessants et virtuoses changements ? Sans compter un souci du détail réjouissant : des textes ciselés au superbe fauteuil collection Cassina, tout a été à l’évidence pensé. Bien épaulée par Gil Galliot (mise en scène), Josiane Pinson glisse du burlesque visuel à la gravité touchante avec une évidence inouïe. On ressent ici une volonté d’aller plus loin, de ne pas répéter une formule éprouvée. Et cet absolu désir de vivre plus, mieux. Drôle, subtil et fou : on signe sans délai.

Note : 4/5