Russell Crowe

Russell Crowe avait la réputation d’être bourru. Mais ça, c’était avant ! Venu nous parler de La Promesse d’une vie, son premier film comme réalisateur racontant la recherche par un père de ses fils disparus dans la bataille des Dardanelles en 1915, c’est apaisé qu’on a retrouvé le gladiateur hollywoodien.

Pourquoi avez-vous eu envie de faire ce film ?

Russell Crowe : Le sujet m’a touché pour plusieurs raisons. Je suis moi-même père, et c’est l’histoire d’un père dévasté par la perte de ses enfants. En outre, je suis natif de la Nouvelle-Zélande, et notre pays a été engagé dans la guerre de Gallipoli. D’ailleurs, j’ai découvert que votre pays y a aussi participé, ce que beaucoup de Français ignorent ! Vous avez perdu près de 10 000 hommes, et il y a un cimetière français sur la péninsule de Gallipoli en Turquie.

Et le fait de passer à la réalisation ?

J’y pensais depuis longtemps. Au fil des ans, j’ai du réaliser une trentaine de clips vidéos pour différents groupes, et trois documentaires. Là, on a réussi à lever des fonds et à prévendre le film dans plusieurs pays, ce qui m’a fortement encouragé.

Vous allez réaliser d’autres films ?

Je l’espère ! J’ai découvert que c’était un super boulot et je suis prêt à recommencer. Mais c’est aussi un pari. Si ce film est rentable, je pourrai recommencer, sinon, on me renverra de l’autre côté de la ligne. Mais si ça marche, je gagnerai ma liberté en tant que réalisateur. Le métier d’acteur est difficile, et là, je pourrai rester en Australie près de mes enfants, à développer mes projets.

Vous en avez marre de jouer la comédie ?

Non, j’adore mon boulot. Je ne suis pas blasé comme certains. Mais contrairement à eux, c’est aussi parce que je ne fais que des choses qui me touchent. Je ne sors pas du lit à 4 heures du matin pour faire quelque chose que je déteste. Prenez Noé, par exemple. Le rôle était tellement physique que c’était une punition chaque jour. Pendant 36 jours, je suis resté sous la pluie. Ce n’est pas comme rester sous la pluie avec un manteau et un parapluie. Là, c’était avec une simple tunique de cuir. Après une prise, vous êtes trempé pour le reste de la journée. C’est une forme de torture. Vous devez donc être motivé quand vous choisissez votre film.

Il y a quand même eu des moments difficiles sur le tournage de La Promesse d’une vie ?

Oui, à Quorn en Australie du Sud. Un matin, je mets la chaîne de télé locale, et un gentil présentateur dit : « Aujourd’hui, Quorn est l’endroit le plus chaud de la planète. » Il faisait 49,5 degrés ! Et c’est ce jour-là que nous devions filmer l’attaque du train à vapeur. Et un train à vapeur, c’est lourd et lent à déplacer. (rires)

J’ai lu qu’un de vos acteurs, Jai Courtney, vous avait menti pendant le casting.

J’ai demandé à Jai s’il savait monter à cheval. Il m’a répondu : « Oui. » Quand il est sorti du bureau, je l’ai interpellé : « Fiston, c’est la dernière fois que tu me mens. » Il a cru qu’on allait se battre (rires). Le truc, c’est qu’il y a deux choses sur lesquelles les acteurs mentent toujours : monter à cheval et jouer de l’harmonica.

Dans le film, vous tenez un rôle plus calme qu’à l’accoutumée. Vous avez envie de personnages moins physiques ?

Il y a tout de même des aspects physiques. Je creuse un puits de 15 mètres de profondeur au début du film ! (rires) Mais ça dépend du personnage. C’est sûr qu’à 51 ans, je dois faire attention aux rôles que je choisis, parce que mon temps de réaction et mes reflexes pour me sortir d’une mauvaise situation ne sont plus les mêmes. Tout peut arriver : un câble qui lâche, un bout de mur qui s’effondre… Je ne peux plus me permettre de me casser le moindre orteil. Je me suis déjà rompu des tendons, abimés les genoux, j’ai mal aux tibias, une côte cassée m’a perforé un poumon, j’ai été opéré deux fois de l’épaule gauche et la droite en aurait bien besoin depuis longtemps, je dois muscler mon dos pour ne pas souffrir, et j’ai mal à la nuque si je reste trop longtemps dans certaines positions. Vous voyez ! Le fait est qu’à part une cicatrice au pied que je me suis faite en jouant en foot à 13 ans, toutes les autres viennent d’un plateau de tournage.

À 52 ans, Tom Cruise saute toujours sur des avions, lui !

Je ne sais absolument pas comment il fait pour continuer à accomplir des choses aussi physiques à son âge. Ça doit être un truc secret des scientologues.

La Promesse d’une vie de Russell Crowe, avec Russell Crowe, Olga Kurylenko et Yılmaz Erdoğan. Drame. Sortie le 15 avril.