Satori à Paris de Jack Kerouac (1966)

Satori signifie en japonais « illumination soudaine », « éblouissement de l’œil ». C’est bien ce que Jack Kerouac, le pape des routards, a ressenti en découvrant Paris.

Il s’y rend pour rechercher les origines françaises de son nom (Jean-Louis Lebris de Kerouac), mêle tourisme (le tombeau de Napoléon) et fête. Il achète des livres comme Hemingway, s’envoie en l’air comme Henry Miller et cherche le « bar parfait » du côté de Saint-Germain-des-Prés. Le livre, court, écrit à la va-vite, passe d’une rencontre à l’autre, d’un lieu à un autre, entre églises et bibliothèques, au gré des titubations d’un Kerouac qui écume un peu trop les bars et abuse du cognac, mais aspire constamment à créer un lien chaleureux avec la population. Il se fait même refuser l’entrée de son éditeur Gallimard. La standardiste à l’entrée n’a pas reconnu, dans cet homme un peu ivre, l’auteur culte de Sur la route. Il poussera ses investigations jusqu’en Bretagne. « J’ai été l’homme le plus solitaire à Paris, si la chose est possible », écrit-il.