Singin’ in the Rain

Doudoudoudou… Ah, les duos de Gene Kelly et Cyd Charisse, les pirouettes de Donald O’ Connors ! « Chantons sous la pluie », le film désormais mythique reste gravé dans vos mémoires et vous craignez que ce musical ne souffre pas la comparaison ? Erreur : il faut absolument le redécouvrir dans cette version scénique adaptée du célèbre standard hollywoodien de la Metro Goldwyn-Mayer.

D’abord parce que le Châtelet est le seul théâtre au monde à donner des comédies avec grand orchestre (ici l’Orchestre Pasdeloup sous la direction musicale de Stephen Betteridge). Chapeau bas à Jean-Luc Choplin, directeur du lieu. Ensuite parce que tout semble conçu pour émerveiller : la mise en scène magistralement maîtrisée (Robert Carsen), les décors grandioses de Tim Hatley (esthétique sépia recréant l’ambiance des stars du muet brutalement confrontés au sonore, excepté la scène finale Singin’In The Rain sous des vraies trombes d’eau avec cirés jaunes et parapluies multicolores), l’extravagance des costumes propre aux Années folles (Anthony Powell), les lumières soigneusement travaillées (Carsen-Giuseppe Di Lorio), la précision de la chorégraphie (Stephen Mear), la dramaturgie mâtinée d’une douce ironie (Ian Burton) et une troupe à son meilleur (des artistes anglo-saxons pour la plupart sachant aussi bien jouer que chanter et danser). Un véritable régal porté par des caïds du scénario (Betty Comden-Adolph Green) et des chansons  immédiatement mémorisables (Nacio Herb Brown-Arthur Freed). Croyez-nous, des comédies musicales, il y en a des tas, mais d’aussi somptueuses, non. Un must.

Note : 5/5