6 artistes stand up à suivre à la rentrée 2018

Esprit Canal, satire estampillée Inter, nouveaux espoirs féminins… Focus sur les six personnalités qui incarneront l’humour à la rentrée sur les scènes parisiennes.

 

Panayotis Pascot

L’an dernier, son départ du talk show à succès Quotidien a déconcerté ses très nombreux followers. Qu’à cela ne tienne, le jeune prodigue Panayotis Pascot – vingt printemps cette année – poursuit sur scène les digressions nonsensiques qui ont fait son succès à la télévision. Tombé dans la marmite de la création 2.0 dès l’âge de 13 ans, l’amateur d’happenings est familier d’une certaine nouvelle vague de l’humour web, absurde et générationnel – on l’a ainsi vu côtoyer l’univers décalé du collectif Multiprise. Connaissant à la fois son goût pour la vanne incisive (ses anciens Vine en témoignent) et pour le malaise qui dure, dure, dure (souvenez-vous de ses entrevues absurdes au sein du regretté Petit Journal), on attend de voir sur quel pied dansera le post-ado face au public du Point Virgule.

Point-Virgule
Du 05 août au 15 octobre

7 rue Sainte Croix de la Bretonnerie, 4e

 

Anne-Sophie Girard

On lui doit l’un des best-sellers de 2013, co-écrit avec sa soeur jumelle : La femme parfaite est une connassele « guide de survie pour les femmes normales« . Dans la droite lignée de ce franc succès (auréolé d’une suite tout aussi truculente), Anne-Sophie Girard se démène sur scène, bien décidée à mettre à mal les visions stéréotypées qui assaillent la gent féminine. Un jeu d’enfants pour cette autoproclamée « bonne copine » à la verve trash de trentenaire, humoriste dans l’air du temps passée par l’école du Jamel Comedy Club. Aux côtés de Marina Rollman, Nora Hamzawi et Blanche Gardin, Anne-Sophie Girard est l’un des noms à retenir du néo-stand-up à la française : ironique, décomplexé et forcément essentiel.

Théâtre des Mathurins
Du mercredi 29 août 2018 au samedi 20 octobre

21 rue Vauquelin, 5e

 

Tanguy Pastureau

Sur les ondes de France Inter (« Tanguy Pastureau maltraite l’info ») comme sur le plateau rococo de Thierry Ardisson (« Les terriens de Tanguy Pastureau »), le ton politico-incisif de ses billets d’actualité a fait mouche. Si ses vachardises ne sont pas sans évoquer celles de Stéphane Guillon et Didier Porte (bien que Desproges demeure son mentor devant l’éternel), Tanguy Pastureau a su imposer d’un micro à l’autre sa propre personnalité humoristique -piquante, flegmatique et impitoyable. Nul doute que son amour du bon mot et de la pensée acide n’épargnera pas nos zygomatiques devant l’estrade du Théâtre du Marais.

Théâtre du Marais
Du 19 septembre 2018 au 19 décembre

37 rue Volta, 3e

 

Marina Rollman

Les « drôles d’humeur » estampillées Inter de cette Suissesse égalent dans nos coeurs les chroniques musicales d’Alison Wheeler. Sur scène comme à l’antenne, Marina Rollman marie l’introspection à l’impertinence avec un style bien à elle – un débit vif, un œil alerte et une sensibilité sarcastique bien sentie. Férue de stand up à l’américaine, elle doit sa vocation aux digressions cultissimes de Jerry Seinfeld. A l’instar des truculentes Camille Chamoux et Bérengère Krief, l’humoriste passe au crible les aléas sentimentaux de la génération Tinder, ausculte avec dérision ses coups de blues et porte haut ses convictions féministes.

Théâtre du Marais
Du 27 septembre au 29 décembre

37 rue Volta, 3e

 

Pablo Mira

Co-créateur du site parodique Le Gorafi, Pablo Mira est un pro de « l’infaux » et autres intox qui entartrent l’actualité. Faux éditorialiste de droite trop bien sapé dans le très à gauche Par Jupiter !,  le trublion fait perdurer son goût du troisième degré du côté du Théâtre de Trévise avec Pablo Mira dit des choses contre de l’argent. Pour cet amoureux des faux semblants et du pastiche potache, bien connu des amateurs de podcasts (le satirico-caustique Sérieusement ?! sur Deezer), le stand up est un jeu de dupes comme un autre, forcément décapant.

Théâtre de Trévise
Du 11 septembre au 18 décembre

14 rue de Trévise, 9e

Tristan Lopin

Ses vidéos YouTube l’ont édifié en exubérant subtil, maniant perruques, travestissements, intonations et élans théâtraux sans jamais sombrer dans le risible. Son dynamisme naturel et sa prose acidulée servent à merveille les discours toujours censés qu’il délivre face caméra – s’y entrecroisent body shaming et virilisme, harcèlement et homophobie, réseaux sociaux et diktats des apparences. Paré de son impertinence très poil à gratter, Tristan Lopin valorise un humour incisif et – surtout – inclusif. Une parole qui à l’heure de #MeToo fait fi des préjugés et démontre que l’on peut rire autrement, sans facilités sexistes et raccourcis discriminatoires.

Théâtre Trevise
A partir du 29 septembre

14 rue de Trévise, 9e