Star Wars : le retour en force de la force

Il y a bien longtemps dans leurs rêves lointains, très lointains, les fans de Star Wars espéraient une suite à la trilogie originelle de La Guerre des Étoiles. 32 ans après Le Retour du Jedi, leur fantasme se réalise avec Star Wars – Le Réveil de la Force. Retour sur le phénomène en quelques points clefs.

La « nanologie »

On vous parle d’un temps que les moins de 38 ans qui n’étaient pas là à la sortie de La Guerre des Étoiles en 1977 ne peuvent pas connaître. Mais il était clair dès le départ dans la tête de son créateur George Lucas que Star Wars serait développé en neuf épisodes. Un projet ambitieux que Lucas a abandonné, allant même jusqu’à sortir en 1999, au grand dam des fans, l’épisode I, La Menace Fantôme plutôt que l’épisode VII, alors que Harrison Ford, Carrie Fisher et Mark Hamill étaient encore frais et vaillants. Mais passons, puisqu’ils sont encore, à en juger les bandes-annonces, présents dans le nouvel opus.

(C) Disney / Julien Knaub

Heureusement, la « nanologie » a pu connaître un nouvel espoir avec le rachat de Lucasfilm par Disney en 2012, pour la modique somme de 4,05 milliards de dollars (3,12 milliards d’euros). Un investissement qui, même si la « sixologie » initiale n’avait rapporté « que » 4,4 milliards de dollars au box-office, devrait être vite rentabilisé. Les préventes du Réveil de la Force ayant déjà explosé des records, et les prévisions incluant les produits dérivés tableraient déjà sur une recette de 4 milliards de dollars… en attendant les deux autres suites.

 

 

La force du secret

Pour susciter la curiosité, rien de tel que de garder au mieux les secrets des films pour offrir le maximum de surprises et de plaisir aux spectateurs. C’est ainsi que, depuis le début, George Lucas a protégé son projet des curieux. De nature plutôt mutique et laissant filtrer peu d’informations à ses techniciens qui voyaient sans trop comprendre brûler des maquettes de vaisseaux spatiaux et un grand type déambuler habillé en singe, George Lucas poussa le vice jusqu’à faire dire à David Prowse, le comédien jouant Dark Vador, à la place du fameux « Je suis ton père » : « Obi-Wan Kenobi a tué ton père ». Mais si à l’époque seuls Lucas, le réalisateur Irvin Kershner, les scénaristes et Mark Hamill étaient au courant, là, pour éviter les fuites, les consignes de Disney sont drastiques : scénario imprimé en rouge sur fond noir pour éviter les photocopies, fenêtres du réalisateur J.J. Abrams calfeutrées, ou embargo presse jusqu’à 9 h 01 précise le jour de la sortie du film en France le 16 décembre.

 

Daisy Ridley alias Rey délivre BB-8 © 2015 Lucas film Ltd. & TM. All Right Reserved

 

 

Je ne suis pas ton père

La saga aussi regorge de petits secrets plus ou moins connus ou reconnus. Le plus fou étant la rumeur affirmant que l’auteur de Star Wars ne serait peut-être pas George Lucas, comme nous le révèle Florian « Luuke » Ozier-Lafontaine, porte-parole de l’association fédératrice de fans, Le Réveil des fans (www.lereveildesfans.com) : « Star Wars : From the Adventure of Luke Skywalker est sorti en roman en 1976, l’année précédant la sortie du film. Cette adaptation était l’œuvre d’Alan Dean Foster, mais son nom n’apparait pas et est remplacé par celui de George Lucas, même sur les éditions suivantes », faisant de lui l’auteur officieux de Star Wars.

 

 

Dans ses petits chaussons

Cette anecdote peu connue sur l’acteur Peter Cushing, alias Grand Moff Tarkin, homme de main de Palpatine dans La Guerre des Étoiles, nous est rapportée par Philippe Grenier qui organise la convention Générations Star Wars et Science-fiction à Cusset dans l’Allier les 30 avril et 1er mai 2016 (www.genstarwars.com) : « Il faut savoir que les bottes de cuir du costume très strict d’officier impérial que portait Peter était trop petites. Il a donc joué, notamment la scène mythique face à Leia et Vador… en pantoufles ! ».

 

 

Être fan

Jamais des films n’auront généré autant de fans que Star Wars. Entre ceux qui campent devant les cinémas un mois avant la sortie des nouveaux épisodes, les collectionneurs qui amassent les milliers de produits dérivés, ceux qui refont les films sur YouTube en pâte à modeler ou avec leurs pouces, il y aussi d’après Florian Ozier-Lafontaine, les bricoleurs comme la 501ème Légion, une association mondiale de costumés aux couleurs de l’Empire Galactique qui ont récrée le Rancor, le monstre de Jabba le Hutt dans Le Retour du Jedi (www.roxytherancor.com).

(C) Disney / Julien Knaub

Il y a également les doux-dingues qui construisent des répliques de véhicules Star Wars grandeur nature dans leur jardin, comme nous l’explique Philippe Grenier : « Dernièrement, un fan a reproduit avec tous les détails, y compris internes, un bipode impérial. Par le passé, un autre avait commencé carrément un Faucon Millénium, mais il a été détruit lors d’une tempête ». Enfin parmi les fans, il y a aussi les célébrités comme Ewan McGregor, Obi-Wan Kenobi jeune dans La Menace Fantôme, qui en manipulant son sabre pendant les scènes de combats ne pouvait pas s’empêcher de faire des bruits de laser avec sa bouche, obligeant Lucas à les effacer en postproduction.

 

 

Jedi tu seras

Si désormais devenir Jedi est à la portée de n’importe quel enfant âgé de 7 ans à 12 ans à la Jedi Training Academy qui a ouvert ses portes cet été à Disneyland Paris (www.disneylandparis.fr), si certains organisent des combats de sabres laser comme la Sport Saber League (www.sportsaberleague.com) en espérant voir leur discipline martiale être un jour reconnue, d’autres ont carrément fait des préceptes Jedi une religion à part entière : le jediisme ! Un mouvement très sérieux qui s’appuie sur le taoïsme, le bouddhisme, et les travaux d’Alan Wilson Watts, un des pères de la contre-culture aux États-Unis, et de Joseph Campbell, un mythologue dont le livre Le Héros aux mille et un visages a lui-même inspiré George Lucas. Plus fort, le jediisme compterait près de 500 000 membres à travers le monde, dont 390 000 au Royaume-Uni. Des chiffres colossaux dus à une campagne par mails qui incitait les citoyens à se déclarer Jedi lors d’un recensement national en 2001. Le jediisme est donc aujourd’hui la 4è religion d’Angleterre.

 

La force de la nostalgie est avec toi

(C) Lucas film Ltd. 

Mais la plus grande force de cette saga intergalactique reste sans nul doute son pouvoir à sublimer le réel, à faire vibrer en nous la fibre chevaleresque et à nous faire choisir le bien tout en restant fasciné par le mal et son côté obscur. Star Wars a aussi réussi à s’être ancré si profondément dans la pop-culture qu’on a tous dans le cœur de notre intérieur un petit mug Dark Vador, un coquetier R2-D2, une figurine C-3PO à laquelle il manque un bras, ou une vielle imitation de Chewbacca pour faire marrer dans les banquets. Oui, Star Wars est un mythe, un mythe vivant et à l’instar de la force, il se réveille cette semaine pour le plaisir des petits et surtout des grands.

 

Star Wars – Le Réveil de la Force, de J.J. Abrams, avec Harrison Ford, Carrie Fisher, Gwendoline Christie, Carrie Fisher et Andy Serkis. Science-fiction. Sortie le 16 décembre.