The Hole

Un freak show diffracté, un flirt bouillant avec la déraison, une boîte de Pandore d’où ne demandent qu’à s’échapper les girls du New Burlesque. Ce sont les mots qui viennent à l’esprit pour évoquer « The Hole ».

Créé en 2011, ce cabaret sexy a enflammé les Espagnols avant de s’offrir au public parisien. Sans filtre et sans tabou, prêt à nous embraser avec une kyrielle de personnages transgenre mi-felliniens, mi-mangas, si hauts en couleur que le port des lunettes noires est presque de rigueur ! L’idée : faire la fête dans les sous-bois en mode muy caliente mâtiné d’un zeste de Rocky Horror Picture Show. Restait l’écueil de la vulgarité. Serpentant entre tirades abrasives et corps à corps sensuels, la troupe s’en sort haut la main et… le public est ravi. Si la bienséance n’est de toute évidence pas invitée, l’art du New Burlesque s’y déploie grâce à un melting-pot international d’où émergent les français Nicolas Vaudelet (stylisme), Guillaume Carcaud (acteur caméléon) et Frédéric Proust (adaptation). Dynamité par les riffs électriques de tubes rock, ce musical « baroque’n’roll »  est mené par Pepa Charro, une figure vue chez Almodovar, parfaite en maîtresse de cérémonie décalée qui en pince pour un… rat !  À ses côtés, Pony Loco, un bel androgyne en patins (Nano Sanchez), « Madame« , une pin-up over tatouée (Vinila Von Bismark), des Supernenas (Arantxa Fernández, MóNika Riba), le gymnaste Darkan  Kambychev, un duo d’acrobates dingo (Yefrem Bitkine, Yevgeny Dashkivskyy), une Marilyn callipyge (Abdueva Dilorom), une Boule mystérieuse (Julio Bellido), des Majordomes, etc. Ça effeuille, ça voltige, ça danse, ça chante en assumant son plaisir comme la plupart des productions Indigo. 

Note : 4/4