Tous les visages de la vérité

Pour célébrer leurs 200 ans, les Beaux-Arts ont choisi de marquer les esprits avec des expositions engagées qui induisent inévitablement une réflexion politique.

Pour célébrer leurs 200 ans, les Beaux-Arts ont choisi de marquer les esprits avec des expositions engagées qui induisent inévitablement une réflexion politique. Particulièrement commentée, l’installation vidéo Manifesto conçue par l’Allemand Julian Rosefeldt l’est d’abord bien sûr parce qu’elle met en scène de façon bluffante la grande Cate Blanchett, que l’artiste avait en ligne de mire depuis qu’elle s’était muée en Bob Dylan, en 2007, dans le film de Todd Haynes « I’m not There ». Ici, l’actrice joue de nouveau la carte de la métamorphose incroyable, grimée au fil de 13 films en autant de personnages divers, de la présentatrice de JT au SDF. La performance, bien sûr, n’est pas gratuite, puisqu’elle permet à la comédienne de délivrer ainsi nombre de manifestes de penseurs, peintres ou cinéastes du 20è siècle, comme s’ils étaient énoncés par tout un chacun. Forts et parfois dérangeants, ceux-là, assénés comme des vérités, se contredisent pourtant évidemment souvent. Mis en perspective, ils semblent nous enjoindre à faire le tri dans tout ce dont on nous abreuve, pour nous forger notre propre opinion.  

Manifesto de Julian Rosefeldt, jusqu’au 20 avril aux Beaux-Arts de Paris, Palais des Beaux-Arts, 13 quai Malaquais, 6è. M° Saint-Germain-des-Prés. Du mardi au dimanche, de 13h à 19h. Entrée : 7,50 euros. www.beauxartsparis.fr.