Traversées africaines

Jouer à saute-frontières, changer de poste d’observation pour sentir battre, un peu mieux, un peu plus fort, le pouls du monde : telle est la ligne directrice de cette première édition liée aux problématiques africaines. En rassemblant des artistes d’horizons et de disciplines différents, riches de leurs visions du monde, Valérie Baran (directrice du Tarmac) suit une ligne artistique qui vise à ouvrir les regards, à fabriquer du vivre-ensemble dans un contexte troublé.

À ne pas manquer, Cahier d’un retour au pays natal de l’immense Aimé Césaire : en se réappropriant l’histoire universelle de tous les déracinés (sous le regard du metteur en scène Daniel Scahaise), le comédien-auteur-metteur en scène burkinabè Étienne Minoungou, « inscrit le poète martiniquais dans les instants citoyens que son pays a récemment connus ». Joignant l’héroïque au poétique, cette relecture fait résonner la langue fulgurante de métaphores du nègre-carrefour dans laquelle on peut aussi entendre l’écho d’un espoir au Burkina Faso (23-26 mars).

Autre belle proposition : Africa, un spectacle puissant écrit et mis en scène par Peter Verhelst : l’histoire d’un homme – cet homme, c’est le comédien lui-même, Oscar Van Rompay qui l’inspire et l’interprète dans une enquête intime, schizophrénique ! – appartenant à deux continents, fermier grimé en noir au Kenya et comédien blanc avec « ses noirs à l’âme » en Belgique (30 mars-2 avril).

Sans oublier Rupture par le chorégraphe et danseur camerounais Simon Abbé, soit un duo pour un danseur travaillant l’articulation entre l’intime et l’universel : le couple, l’amour qui s’en est allé… (7-8 avril). Une occasion de plus pour ce lieu de création ambitieux et atypique de s’inventer comme un espace où l’on peut se confronter à d’autres langages.

Note : 4/5