Trois hommes dans un bateau sans parler du chien

Si vous aimez le fromage, les croisières, les hypocondriaques et l’humour anglais, cette pièce est faite pour vous !

Théâtre humoristique

Imaginez donc : trois sujets de sa Royale Majesté, amis de longue date, décident de partir à l’aventure en remontant la Tamise en barque. Une fois le toast porté et la décision prise, toute action ou pensée devient péripétie palpitante, comme si Indiana Jones et Pierre Richard avaient décidé de remonter les Monty Python dans une caisse à savon.

Adapté avec brio par Erling Prévost pour le trio, le texte de Jerome K. Jerome, pourtant plus que centenaire, semble né de la dernière pluie londonienne. Les mots s’entrechoquent et virevoltent, les vannes fusent et amusent, comme si les seules rides prises par l’œuvre étaient celles de l’eau malmenée par les rames de nos trois compères.

Parlons-en de ces trois-là, d’ailleurs : Philippe Lelièvre, Sören Prévost et Erling Prévost (qui signe également la mise en scène, devenant à lui seul les trois hommes dans un bateau, sans compter qu’il a du chien) délivrent une performance d’une folie douce totalement assumée et jouissive. Le verbe turgescent et le corps auréolé de tweed, nos trois comparses enchaînent les joutes verbales à propos de tout et surtout de rien sans temps morts : les bagages, la maladie, la géographie anglaise, les chaussettes, tout y passe !

Aussi attachants que de mauvaise foi, les trois amis surfent à contre-courant du rire passe-partout, sans vulgarités ni facilités, portés par un décor plus que décoratif, véritable quatrième âme du quintet formé par ces trois hommes. Sans parler du chien. En résumé, si vous avez toujours voulu être un gentleman anglais maniant l’absurde aussi bien qu’une théière pleine à ras bord, il ne vous reste plus qu’à embarquer pour cette épopée épique, burlesque et humaine. Sans parler du chien.

5/5