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Trois petits plaisirs

Réunissez Magnum Ice Cream, le magazine I-D et le réalisateur Xavier Dolan et imaginez ce que leur association peut donner. Quelque chose comme une petite pause agréable, belle, intelligente et dans l’air du temps, forcément. Leur projet commun, « Vie Magnifique : Be true to your pleasure » est évidemment tout ça à la fois. Concours de courts-métrages inédits, il nous offre de belles images qui aussi donnent à réfléchir sur les joies de nos existences.

La quintessence du projet est contenue dans son titre. Où il est question de vies potentiellement magnifiques, qui tendent les bras à ceux qui savent écouter leurs envies. Le message est simple, peu importe qui l’on est et ce qui nous tient à cœur, il faut savoir se laisser aller à ce qui nous épanouit ; chaque jour sans plaisir étant un jour perdu. Partant de là, était lancé un concours de courts-métrages mettant en lice trois cinéastes indépendants, sélectionnés par le jeune et talentueux réalisateur Xavier Dolan, notamment récompensé à Cannes l’an passé, pour son film « Mommy ». Des spécialistes de l’image et influenceurs dans leurs domaines respectifs participaient aussi à l’aventure, pour permettre aux artistes de tirer parti au maximum de leur idée de départ.

Ainsi en a-t-il été du styliste Ari Seth Cohen, connu pour son blog « Advanced Style », qui montre qu’il n’y a pas d’âge pour avoir de l’allure. Un postulat parfaitement en phase avec le premier film du trio, « Zap » (« Le plaisir n’a pas d’âge ») réalisé par Patrick Downing. Là, dans les couloirs d’un immeuble, une très chic vieille dame et un homme aux faux airs de Morgan Freeman se donnent rendez-vous pour se livrer à d’étonnantes facéties en chaussettes et s’amusent franchement grâce à un simple phénomène d’électricité statique. De même avec Andrew Cummings qui a choisi le monde de la danse pour son court-métrage, et qui s’est vu accompagner par Laurent Liotardo, membre émérite du English Royal Ballet, mais aussi photographe. En résultent des images splendides en intérieur, mais aussi en extérieur, d’une jeune danseuse, « Kai », qui comprend peu à peu que « le plaisir, c’est de lâcher prise ». La troisième réalisation, un peu plus longue et plus onirique, a presque des allures de petit film. « Wild Space ». Mis en scène par Kara Smith, avec l’aide de Christian Watson, on y découvre un pêcheur, qui de retour après des mois en mer, découvre son « seul véritable amour » dans les bras d’un officier suffisant qu’il n’hésite pas à provoquer en duel. De quoi démontrer que l’issue – prévisible – de ce face-à-face importe peu, et que rester fidèle à soi-même et à ses sentiments est ce qui compte vraiment : « Le plaisir, c’est de suivre son cœur ».

Dans ces trois courts-métrages esthétiquement splendides, l’importance des petits et grands plaisirs qui font le sucre de la vie est rendue à merveille. Mais surtout, chacun, dans un genre différent, a le pouvoir de nous rendre heureux. On les regarde sans attendre, avant d’appliquer très vite cette belle philosophie, à tous les jours de sa vie.