Un moment d’égaiement avec Alice Isaaz

De grands yeux bleus, de longs cheveux blonds, un charme irrésistible, et une présence remarquée dans La Cage dorée, Fiston, La Crème de la crème ou Les Yeux jaunes des crocodiles : Alice Isaaz, du haut de ses 23 ans, est sans conteste la révélation du moment… et d’Un moment d’égarement, entourée de Vincent Cassel et François Cluzet. Rencontre.

Dans le film, vous jouez le rôle de Marie, la meilleure amie de Luna, une jeune fille de 17 ans qui fait tourner la tête de Vincent Cassel. Vous n’avez pas été tentée de jouer plutôt Luna ?

Alice Isaaz : Si, au début j’ai passé les essais pour ce rôle. Et puis j’ai été rappelée pour le rôle de Marie car j’étais trop mature pour celui de Luna.

Du coup, est-ce que vous imaginiez un jour avoir Vincent Cassel comme père ?

Non (rires). Non, je ne m’y attendais pas. C’est génial ! Ses filles ont beaucoup de chance. Mon papa à moi est formidable, mais Vincent Cassel est très, très drôle, ses filles ne doivent pas s’ennuyer au quotidien.

Comment vous êtes-vous préparée pour ce rôle ? Vous avez appris à parler le “jeune”, comme votre personnage ?

Je ne pense pas être très vieille encore (rires). J’emploie parfois des expressions ou des termes que mes parents ne comprennent pas. En fait, on a toujours peur d’en faire trop dans un film, que ça fasse un peu has been et que les jeunes en le voyant se disent : « Ah, mais on ne le dit plus, ça ! »

Quel effet ça fait d’être la star de l’année 2015 ?

(Rires) Je ne le savais pas, merci. C’est génial. C’est hyper encourageant quand on fait partie de la nouvelle génération. On se rend compte à quel point c’est difficile. Moi j’ai fait la classe libre du cours Florent, et quand je vois ceux de la classe élite, qui ont quand même un concours devant eux qui n’est pas évident, et qui galèrent, c’est gratifiant et rassurant. Ça veut dire que ça marche. C’est que du bonheur.

Vous êtes donc à l’affiche de plus en plus de films. Comment expliquez-vous votre succès ?

Je pense que c’est un tout. Il n’y a pas de recette miracle. Je ne sais pas ce qui a fait que ça a marché à un moment. C’est du travail, de la chance, du talent, les gens qu’on rencontre, qui nous entourent, les agents qui nous représentent. C’est important. Chez tel agent, on n’aura pas accès aux mêmes projets que chez tel autre. Chacun suit sa route, mais dans mon cas, j’ai été dans les bons projets dès le départ.

Quels sont vos projets actuels, justement ?

En mai, fais ce qu’il te plait de Christian Carion. Il sort le 4 novembre. C’est un super beau film. Ça se passe pendant la Seconde Guerre mondiale, pendant l’exode de 1940. Je joue aux côtés d’Olivier Gourmet et Mathilde Seigner. Et en 2016, il y aura Rosalie Blum de Julien Rappeneau, l’adaptation d’une BD de Camille Jourdy. C’est assez compliqué à pitcher en quelques phrases… En gros, c’est l’histoire d’un coiffeur de province qui croise une femme qu’il est persuadé de connaître. Elle lui dit que non, et à partir de ce moment, il commence à la suivre et à la photographier. Et cette femme-là va faire appel à moi, qui suis sa nièce, pour le suivre moi aussi et le prendre en photo. C’est tout un truc entre eux trois, et c’est super.

Ensuite, il y a aussi Elle du réalisateur culte de Basic Instinct, Paul Verhoeven !

C’est exceptionnel. C’est la première fois qu’il réalise un film en français, avec des acteurs français, donc avoir la chance de faire partie de ce projet, c’est génial. Et en plus de tourner avec Isabelle Huppert, qui en tant qu’actrice est l’un de mes modèles.

Ça met la pression, ça ?

Oui, mais une bonne pression, un bon trac. C’est indescriptible. Ça s’est fait très rapidement. Je l’ai terminé, et je me suis dit : « Putain, je viens de tourner dans un film de Paul Verhoeven ! »

Qu’est-ce que les gens vous disent lorsqu’ils vous reconnaissent dans la rue ?

De très belles choses. Jusqu’à présent, j’ai eu le droit à de très beaux compliments. Je n’ai pas encore croisé une personne qui ne m’aime pas et qui me le fait savoir (rires). Après, je passe encore un peu inaperçue, donc ça fait plaisir quand quelqu’un vous reconnaît et aime bien votre travail.

Quel est le film qui a fait basculer le regard des gens dans la rue ?

Je pense que c’est La Crème de la crème, qui a touché un public assez jeune. Après, mine de rien, niveau notoriété, c’est Fiston avec Kev Adams. Tous ses fans, et Dieu sait qu’il en a, se sont amourachés de ses partenaires de jeu.

Vous avez été repérée dans la rue à Biarritz.

Dans un camping, très précisément. C’était pour un court-métrage. Je ne savais pas quelle visibilité il allait avoir, ni ce que ça pouvait m’apporter, je l’ai fait vraiment fait pour l’expérience. J’en ai parlé à mes parents, qui au départ étaient un peu méfiants, ce qui est compréhensible. Et puis ils ont rencontré le metteur en scène et se sont rendu compte que c’était un projet vraiment sérieux. C’est ça qui a créé l’envie.

Vous ne rêviez pas de ça quand vous étiez enfant ?

Non. Et pourtant, si vous posez cette questions à toutes les petites filles, elles seront sans doute très peu à répondre non. Moi, je faisais de la danse classique et à un moment donné, j’ai envisagé d’en faire une carrière. J’avais passé les concours du conservatoire de danse, et j’étais donc déjà dans cette optique artistique.

Et de quoi rêvez-vous maintenant ?

Ah ! Que ça continue de plus belle. D’avoir de super beaux projets qui me fassent envie, qui me fassent rêver, d’apprendre encore, de progresser, et que ça ne s’arrête pas.

Pour terminer, est-ce vous avez déjà eu vous-même un “moment d’égarement” ?

Pas comme dans le film, ça c’est sûr (rires). Un moment d’égarement ? Waouh ! C’est une question très intéressante, mais là, il n’y a rien qui me vient. Pourtant, j’aurais dû y penser, c’était sûr qu’elle allait tomber !

Un moment d’égarement de Jean-François Richet, avec François Cluzet, Vincent Cassel, Alice Isaaz et Lola Le Lann. Comédie dramatique. Sortie le 24 juin.