Une grande exposition consacrée à NTM arrive !

Des clichés de JoeyStarr et Kool Shen seront exposés en libre accès du 20 février au 10 mars, au niveau -1 du Forum des Halles.

La der des ders pour le Suprême ?

Scénographie NTM (c) DR

 

Les deux enfants terribles du rap français ont récemment raccroché les gants, bouclant ainsi lors d’une dernière tournée trente ans de carrière. Un homme les a suivis : Gianni Giardinelli. Témoin privilégié, il a laissé libre cours à ses talents de photographe pour immortaliser de précieux moments de vie, sur et en dehors de la scène. Une bénédiction pour le public, qui va pouvoir découvrir à travers cette exposition (intitulée « Tout ne tient qu’à un fil », en partenariat avec le centre culturel hip hop La Place) l’envers du décor et plonger dans le quotidien du groupe de manière immersive. Gianni Giardinelli a répondu à nos questions.

Comment est née l’idée de cette exposition « Tout ne tient qu’à un fil » ?

L’idée n’est pas venue tout de suite et l’on peut dire que ça a tenu à un fil ! (rires) Didier (NDLR : JoeyStarr) a découvert mon travail lors de ma première exposition, soit environ un an avant leurs concerts à l’AccorHotels Arena de 2018. J’en avais profité pour lui demander si je pouvais venir shooter ces deux concerts, et de fil en aiguille j’ai intégré l’équipe, un peu par hasard. Une fois la tournée terminée, comme je disposais d’énormément de matériel et que ça leur plaisait, je me suis dit qu’il fallait leur rendre hommage. Beaucoup de gens ont pris énormément de plaisir à les voir sur scène, mais beaucoup de gens aussi n’ont pas cette occasion. C’est donc une exposition qui peut intéresser tout le monde : le fait d’accéder aux répétitions en studio, backstage et bien sûr au show !

Ce n’était donc pas prémédité de votre part ?

Pas du tout, quand j’ai commencé à les prendre en photo c’était par pur plaisir ! Il faut savoir que j’ai grandi avec NTM dans les oreilles et que moi aussi je viens du 93. Ce sont deux légendes ! Le fait d’avoir pu monter cette exposition au forum des Halles quand on sait ce que représente Châtelet pour le hip hop, qui plus est avec le centre culturel La Place en partenaire, cela a du sens !

Au final, pendant combien de temps avez-vous suivi le groupe ?

On peut dire que tout a commencé lors de leurs répétitions pour l’AccorHotels Arena de 2018, quand ils ont annoncé leur reformation. De là je ne les ai plus lâchés ! On a ensuite enchaîné avec le festival Chorus, la fête de l’Huma, et la tournée avec notamment des dates à Bruxelles, Genève, Bordeaux, Nantes, Lyon, etc… C’était vraiment une expérience incroyable, entre le tour bus, les concerts, la rencontre avec le public… Il faut voir l’effervescence qu’il y a autour de NTM et le plaisir qu’ils donnent aux gens !

Justement quelle a été l’implication de NTM dans l’élaboration et la mise en place du projet ?

NTM m’a donné carte blanche. On a fonctionné sur un rapport « 100% confiance » : ils aiment mes photos, ils savent que c’est mon domaine et c’est vraiment appréciable d’avoir pu travailler en toute liberté. Il n’y a rien de mieux pour un artiste.

Vous avez l’impression d’avoir progressé en tant que photographe au fil de ces tournées ?

C’est sûr ! Avec le temps, tu abordes les choses différemment et tu connais le show de mieux en mieux. La photo live c’est un fonctionnement bien particulier et parfait pour quelqu’un comme moi qui adore la photo de rue. Je fais beaucoup de manifestations, j’aime bien aller au cœur du « bordel » et de la lacrymogène ! (rires)

NTM (c) Gianni Giardinelli

Comment ont été sélectionnés les clichés ?

J’ai intégralement géré cette partie en fonction de mon goût et de ma vision des choses. J’avais envie de mettre en avant les NTM et l’équipe qui les accompagne. Ça prend du temps car il y a certaines photos que tu laisses un peu de côté, avant de revenir dessus… C’est aussi un temps nécessaire pour prendre du recul ! J’ai accumulé énormément de clichés pour finalement en présenter environ cent cinquante à l’exposition, sachant que je projette également de publier un livre dans lequel il y aura des « pépites ». Par exemple Joey en slip, je ne pouvais clairement pas mettre ça dans l’expo ! (rires)

Transition idéale : quels sont les moments qui vous ont marqué le plus lors de cette aventure ?

Il y a eu des moments hyper forts, mais il me vient à l’esprit une anecdote rigolote lors de la fête de l’Huma : en plein morceau, Catherine Ringer arrive sur scène sans prévenir, se met à danser et à se rouler par terre. Kool Shen et JoeyStarr se regardent sans trop savoir quoi faire, et là le videur déboule pour l’embarquer… Petit moment de flottement ! (rires) Mais plus sérieusement je retiens surtout la ferveur du public, car pour certains spectateurs, c’était leur premier concert de NTM. Le groupe a été controversé pendant des années et parfois n’a pas eu les autorisations pour se produire dans certaines villes, donc l’attente était énorme !

Un mot sur la scénographie de votre exposition ? Un logo géant de NTM ?

Je me suis fait plaisir ! On m’a octroyé un espace assez fou qui est le niveau -1 du forum des Halles, sous la Canopée. Il fallait donc quelque chose qui soit à la hauteur du lieu et j’ai eu l’idée des trois lettres NTM. Elles ont été construites pour l’occasion et sont, à l’heure où je vous parle, en train d’arriver en camion. Cela nécessitera ensuite deux jours de montage !

 

Tout Ne Tient Qu’À Un Fil,
du 20 février au 10 mars
La Place, centre culturel hip-hop
Canopée des Halles (1er)

En prélude à l’ouverture au public de l’exposition, un concert exceptionnel et gratuit se tiendra le 19 février à La Place (Canopée des Halles), le centre culturel hip hop étant partenaire de l’événement. Parmi les artistes déjà annoncés, on peut citer DJ Pone, Busta Flex, ou encore Zoxea, mais notre petit doigt nous dit que nous ne sommes pas au bout de nos surprises…

S’il n’est pas déjà trop tard, ruez-vous sur la billetterie ici !