Auntie Flo, le mélange des genres

« Quel genre de musique tu joues ? » est une question qui revient souvent quand Auntie Flo est aux platines. Faute de mieux, le DJ/producteur de Glasgow, producteur d’une house accrochée aux éléments musicaux africains, s’est laissé enfermer volontairement dans le slogan world music.

Devenue à la mode dans les années 80, l’étiquette, qui affirme la mainmise occidentale sur l’industrie de la musique, est utilisée comme argument marketing par les maisons de disques. S’il remplace avantageusement l’expression musiques exotiques, le terme world music illustre aussi les difficultés de disquaires pour classer ces sons – le label musiques du monde des bacs de la Fnac ayant le mérite de reconnaître la pluralité d’un genre qui n’en a jamais été un. Pour Auntie Flo, qui n’a pu bénéficier des subtilités du français, c’est un moindre mal à une époque où Internet a fait exploser les frontières musicales : « Nous sommes dans une société capitaliste, il faut l’accepter. Si l’étiquette world music fait vendre, si cette terminologie pousse les gens à être exposés à différentes cultures, je suis tout pour ». A Highlife, sa soirée au Sub Club de Glasgow, il crée des ponts entre la world music et la musique occidentale et brasse dans sa programmation le Mexicain Rebolledo, le Chilien Matias Aguayo ou l’Ivoirien Raoul K, des artistes dont les beats défient les standards occidentaux. Pour sortir des carcans, rendez-vous donc ce samedi à la soirée Bon Esprit, à la Villette, où Auntie Flo partagera l’affiche avec Débruit, son perfect match. Le producteur français, auteur de l’essentiel album Nigeria What ? en 2010, s’échine depuis le début de sa carrière à déconstruire tous les stéréotypes musicaux. Une soirée pour ceux qui aiment les mélanges.