Big Red, toujours aiguisé

Comment rester pertinent quand on a 20 ans de carrière derrière soi ?

Depuis Ragga Jam, en 1991 sur l’album de MC Solaar, Big Red a fait du chemin, signant notamment une flopée de hits avec Raggasonic (de Aiguisé comme une lame avec NTM à Bleu blanc rouge), et une discographie solo plus qu’honnête mélangeant hip hop, reggae ou jungle, avant une reformation éphémère avec son collègue Daddy Mory en 2012. De retour en one-man show, Big Red démontre qu’il est toujours aussi aventurier avec Vapor (à paraître le 6 mai), un album sur lequel il filtre sa tchatche à l’Auto-Tune. C’est à la mode (Young Thug est passé par là), mais les beats éthérés (produits par Telly, l’alias de producteur du toaster français Bigga Ranx) collent plutôt bien au flow infernal de Big Red, qui sort encore de sa zone de confort. Pas étonnant que le Français soit aussi présent sur Dubcatcher 2, le nouveau long format de DJ Vadim (dont le Inner Lite, parfait avec Pupa Jim de Stand High Patrol). Ces disques font de 2016 un excellent cru pour le reggae, un style qui continue d’évoluer, et leurs auteurs seront à l’affiche de la soirée Bass Party, qui porte bien son nom puisqu’elle intéressera aussi les amateurs de jungle, avec le DJ/MC Youthman, bien connu des suiveurs de la scène, et le volubile MC anglais Demolition Man (sous le nom de Ras Demo), assisté de Krak in Dub.