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Calvi on the rocks : l’eldorado des clubbeurs

Clubs aux entrées cachées, siestes électroniques, plages de bout du monde, transe orientale et ambassadeurs électro venus de toute la planète… Du 3 au 8 juillet, le festival Calvi on the Rocks déroule sa remarquable programmation. Cette année encore, la citadelle comme la baie réservent aux milliers de festivaliers débarqués en Corse leur part de mystère et d’imprévu. Petite visite guidée.

Calvi on the Rocks ? « Un traitement préconisé en cas d’anxiété passagère, irritabilité, petite forme et insomnies. Un remède avec beaucoup d’endorphine, d’UV et d’artistes ! » Voici pour la posologie de cette 13e édition du festival corse prescrite par ses organisateurs.

Depuis ses premiers pas, à l’aube des années 2000, où des happy few se trémoussaient pieds nus sur les plages de la baie, l’événement s’est considérablement agrandi. Scène à flanc de falaise, club perché au sommet de la citadelle, dancefloors sur la plage : aujourd’hui, Calvi on the Rocks rayonne au cœur de nombreux lieux de la fière capitale de la Balagne. La centaine d’initiés des débuts a désormais laissé la place à des milliers de festivaliers locaux et internationaux. Mais malgré les années de faste, « Calvi » n’a jamais délaissé ses deux principaux traits de caractère : une affiche excitante couplée à un cadre sans égal.

Placé sous le signe de la transe orientale, l’opening de ce cru 2015 est laissé entre les mains expertes d’Omar Souleyman. Vendredi 3 juillet, le chanteur syrien en exil aiguisera sur scène ses pépites inédites produites par Modeselektor et Gilles Peterson sur son nouvel album Bahdeni Nami. Damian Lazarus, le pionnier de la house Moodymann, Tony Allen, batteur de Fela Kuti et gardien du temple afrobeat, ou l’irrésistible quintet brit Hot Chip sont également attendus lors de ce premier week-end. Para One, The Dø, Slum Village, la délicieuse peste de Harlem Azealia Banks ou le héros phocéen DJ Oil feront chauffer l’entame de semaine jusqu’au climax du mercredi, avec la redoutable écurie allemande d’Innervisions – représentée par Dixon et Henrik Schwarz – pour clore en beauté ce 13e rendez-vous.

Sexy, tubesques, imprévues, cette année encore, les nuits de Calvi s’annoncent très longues. Heureusement pour les fêtards, l’organisation a concocté une formule hédoniste, riche en farniente. Pour ceux qui ont réservé un hébergement en ville, des sessions de pétanque (avec GreenRoom.fr) vous attendent tous les jours à partir de 18 h 30 sur la pittoresque place Christophe Colomb. Boulistes passionnés, n’oubliez pas que vous êtes en Corse : fair-play et diplomatie sont de rigueur. Côté front de mer, le sable d’In Casa offre une des plus belles vues sur la baie de Calvi.

Après le plaisir, le réconfort

Passé une petite pinède, le petit resto de plage – aux allures de snack du bout du monde – fait cohabiter sur sa carte terroir corse et cuisine japonaise ! Une cantine tradi et nippone, véritable expérience en soi, qui sera rehaussée à l’occasion du festival d’ateliers de couronnes de fleurs ou de personnalisation de tote bags. Un barbier, missionné spécialement de Paris par le très racé Alex Haircut’s Barbershop, sera également de la party, aux petits soins des plus coquets pour un rasage old school et un aftershave au sable et à l’eau de mer.

À deux pas d’In Casa, l’Octopussy sera dédié aux musiques chill et reconstituantes, teintées d’un zeste de plaisirs latinos avec une douche brésilienne signée Havaïanas et d’irrésistibles mojitos purement cubains. Enfin, à l’extrême ouest de la citadelle de Calvi, embusquée au cœur du golfe de la Revellata, la plage de la Villa Schweppes programme tous les jours dès 17 heures une sieste électronique, cheveux au vent. Tenue de plage et esprit libre exigés.

Ruelles pavées, bastions et remparts massifs, la somptueuse citadelle, construite au XIIIe siècle par les Génois, offre une panorama fascinant sur la Méditerranée et toute la région : aucune nuit blanche, même la plus éprouvante, ne saurait vous détourner de sa visite. À Calvi, haute ville, grande histoire et belles fêtes se conjuguent merveilleusement : passé deux heures du matin, montez chez Tao, cabaret/dancefloor ouvert jusqu’à l’aube, caché au cœur d’un palais avec vue plongeante sur la baie. Premier établissement nocturne de Corse, ce club historique fut fondé par 1935 par Tao Kerefoff, lieutenant du prince russe Felix Youssoupov, célèbre pour avoir fait assassiner Raspoutine. Aujourd’hui, ce sont ses enfants, petits-enfants et même arrière-petits-enfants qui veillent à faire danser festivaliers et voyageurs selon un leitmotiv désormais culte ici : « Vivez heureux aujourd’hui, car demain il sera trop tard. »

Toutes les informations sur le site officiel.