Concrete, l’étincelle du clubbing parisien

Ça s’est passé un dimanche, le 30 octobre 2011. La première Concrete accueillait l’équipe de Secretsundaze (organisateurs des noubas dominicales de référence à Londres) dans la foulée des TWSTED, les premières fêtes organisées sur la terrasse de la barge du port de la Rapée. «Après le succès des TWSTED, vu qu’on voulait garder le bateau, on a décidé de créer Concrete, se souvient le directeur artistique Brice Coudert. L’hiver arrivait, donc on perdait la terrasse. On se demandait si ça allait marcher sans le dancefloor extérieur, qui avait fait la magie des premières. Mais ça a cartonné.»

Et ça fait cinq ans que ça dure. Ce fut d’abord deux dimanches par mois, pendant deux ans, avant, début 2014, de récupérer l’autorisation de nuit. Depuis, tous les week-ends (et parfois plus de 24 heures d’affilée), les Parisiens peuvent écouter les pointures de la musique électronique internationale sur les deux dancefloors de la barge. Durer, c’était l’ambition dès le début. “Quand on a choisi le nom Concrete (béton en anglais), l’idée était de s’inscrire dans le long terme. Même s’il n’y avait que deux fêtes par mois, on voulait devenir un vrai club et dès le début, on s’est battus pour obtenir l’autorisation de nuit. Après, le succès a dépassé nos attentes, on ne pensait pas que ça irait aussi vite.”

D’autant que le clubbing parisien sortait d’une période moribonde, avec, deux ans plus tôt, la fameuse pétition «Paris, quand la nuit meurt en silence». Rien de bien sexy pour les DJ’s stars, pour qui Paris jouait encore en seconde division au niveau européen. Pourtant, Concrete parvient vite à booker des noms respectés, grâce à la bonne réputation des TWSTED.  » Une de nos principales qualités, dont on parle rarement, c’est l’accueil artistes, poursuit Brice. Les DJ’s adorent venir chez nous parce qu’ils savent qu’ils seront bien reçus. On fait en sorte qu’il y ait toujours quelqu’un avec eux et qu’ils s’amusent. Le bouche-à-oreille a fonctionné entre les DJ’s, et au bout de la quatrième ou cinquième soirée, on avait déjà Marcel Dettmann.”

L’autre clé de la réussite de Concrete, c’est son mix entre connaisseurs et simples fêtards : «  Ce qui a fait la magie des premières fêtes, c’est ce mélange entre le public à la Ibiza et les geeks qui venaient écouter des DJ’s qu’ils n’avaient pas l’habitude de voir à Paris. » C’est sur ce mélange que Concrete s’est construit, entraînant, avec d’autres promoteurs, comme Sonotown ou la Sundae, le reste de la capitale dans l’explosion du clubbing que l’on connaît.  » En 2011, on sentait que Paris avait simplement besoin d’une étincelle pour s’enflammer. On voyait que les gens n’attendaient que ça. Dès le départ, l’objectif était de faire grossir la scène. Maintenant, le public a été multiplié par dix et a rajeuni. Tous ces jeunes qui s’intéressent à la musique électronique, c’est ce qui fait notre force aujourd’hui. Le public, c’est Paris, c’est la France. Toutes les classes sociales sont représentées, c’est devenu le contraire d’une niche.  » 

Et la suite ? Cinq ans, c’est déjà une durée de vie plus qu’honnête pour un club.  Certains pensaient qu’on n’arriverait pas jusque-là. Dans cinq ans, peut-être qu’on aura envie de faire autre chose, d’ouvrir un autre club… Pour l’instant, on est bien où on est. On a le Weather Festival, le label Concrete Music, nos artistes qui marchent bien, et Hors Série. La nouvelle série de fêtes “hors les murs” avait fait forte impression en envahissant la gare Saint-Lazare pour une nuit de house en septembre. À quand la prochaine ?  » Pour l’instant, on visite beaucoup d’endroits, on amasse les possibilités, et on prépare quelque chose pour 2017. « 

Anniversaire 5 ans de Concrete, samedi 5 novembre, (à partir de 22h, jusqu’au dimanche soir) avec tous les résidents. Entrée libre. 69, port de la Rapée, M° Gare de Lyon