Harvey, master at work

Tout le monde devrait être obligé d’assister à un set de DJ Harvey avant de pouvoir parler de musique. Ça nous éviterait bien des migraines sur les réseaux sociaux.

Expatrié de longue date aux USA, l’Anglais est de la trempe des grands, de ceux qui ne sont influencés que par leur propre goût. Le genre de type, qui, en festival, ne va pas suivre le tempo du DJ précédent, mais utiliser le silence pour redémarrer un voyage, avec un départ, un climax et une petite mort. Parce que les mix d’Harvey flirtent toujours avec le domaine de l’extase, et nombreux sont ceux qui en sont ressortis avec l’impression d’avoir vu Dieu, ou un ange a minima.

En interview, Harvey doit même justifier son statut : “Je suis un entertainer, rien de plus. Une fois, au Japon, un Anglais bourré m’a dit : ‘Tu es un prophète, nous sommes tes disciples.’ Je lui ai répondu que la seule chose que je pouvais prophétiser, c’était le titre du prochain disque.Parangon du cosmic disco (et ce n’est pas qu’une étiquette), copain avec Larry Levan, déité du Paradise Garage dans les 80’s new-yorkaises, Harvey est aussi le roi de la punchline avec des maximes type “tu ne peux pas comprendre le blues tant que tu n’as pas eu le cœur brisé et tu ne peux pas comprendre ma musique tant que tu n’as pas participé à une orgie sous ecstasy”. Pour ceux qui en veulent plus, Harvey joue 6h30 d’affilée à Concrete ce mercredi