Hip Hop : Arrested Development

25 ans de carrière et toujours autant de succès pour le groupe américain !

1992. Alors que la planète hip hop a le cœur et les oreilles branchés en continu sur les exploits gangsta’ de Dr Dre, Snoop Dogg et Warren G, une bande de joyeux drilles d’Atlanta, influencés par la conscience politique du mouvement des droits civiques des années 60, le pacifisme hippie et l’afrocentrisme prôné par les Native Tongues de De La Soul et A Tribe Called Quest, fait sauter la banque (8 millions de copies) avec un album aussi surréaliste que révolutionnaire. Alternative esthétique et positive à la noirceur ensanglantée et aux beats abrasifs du gangsta’rap, 3 Years, 5 Months and 2 Days in the Life Of… signé par la tribu Arrested Development plongeait alors le hip hop au cœur de ses racines rurales ; un pays entre fantasme et réalité, niché quelque part entre le vieux “Deep Sout” encore marqué par son passé esclavagiste et une Afrique idéalisée à travers le prisme de la Terre maternelle.

25 ans plus tard, alors que le groupe entame une tournée-anniversaire internationale qui fait escale à Paris cette semaine, la modernité visionnaire de 3 Years, 5 Months… et l’humanisme éclairé prêché par Arrested Development n’ont jamais parus aussi lumineux et essentiels qu’aujourd’hui. La complainte hippy folk“Tennessee”, tube planétaire emmené par un groove tribal hypnotique et son discours activiste, ne sonne-t-elle pas comme la bonne parole à l’heure où l’Amérique se déchire dans de nouvelles luttes raciales ? L’hymne néo soul “People Everyday” et son universalisme bon enfant ne sont-ils pas une superbe déclaration d’amour face aux montées extrémistes de tout poil ? Et que dire du message écolo avant l’heure du titre “Give A Man A Fish”, vibrant plaidoyer punk contre le gaspillage des ressources naturelles ? Plus de deux décennies après être définitivement passés à la postérité, le message et la musique d’Arrested Development sont plus que jamais d’actualité.