Le festival Inrockuptibles est de retour

Le Festival des Inrockuptibles aura bien lieu cette année. Un retour sur les chapeaux de roues dès le 18 novembre, à Paris, dans différentes salles plus mythiques les unes que les autres.

L’année dernière, le festival des Inrockuptibles n’a pas eu lieu, à la suite de l’attentat du Bataclan. Cette année, il prendra donc une valeur toute particulière, d’autant que l’une des soirées se déroule dans la salle martyre. Une autre raison fait de cette 27ème édition quelque chose de particulier, les trente ans du célèbre magazine, fondé en 1986 par deux jeunes Versaillais, Christian Fevret et Arnaud Deverre, et qui, à l’instar de Pitchfork, a contribué à défendre le rock indépendant. En 1990, le mensuel (bientôt hebdomadaire) créé son propre festival devenu le rendez-vous important de l’automne. On y a vu défiler toutes sortes de prestigieuses signatures, les Libertines, Pulp ou Jay-Jay Johanson, dans des salles diverses, Zénith, Casino Paris et surtout la Cigale, point d’ancrage d’une fête musicale qui a toujours voulu conserver un aspect intime. La vie continue donc et tant mieux. Les Inrockuptibles ont montré la force grandissante de la musique électro pop et new-wave française, représentées aujourd’hui par des groupes comme La Femme ou Feu! Chatterton. L’affiche 2016 présente ainsi une vitrine de la vitalité de notre pays. Les phénomènes du rock électro français Cassius se produisent dimanche 20, à la Cigale. Ils ont sorti peut-être être leur meilleur album, avec Ibifornia, un disque électro plein de verve, gorgé de soul, joyeux à l’image de la pochette exotique. La soirée du 18 nous présente ainsi plusieurs musiciens de l’Hexagone, le très attendu Lescop, auteur d’un hypnotique nouvel opus, « Echo » sorti le 21 octobre dernier, qu’il définit lui-même à juste titre comme du « punk fantomatique », la jeune pianiste et ancienne journaliste lilloise Juliette Armanet, créatrice d’une chanson légère, et Paradis, surfant sur une house suave. Bien sûr, nous voyagerons aussi. Quelques figures viennent de loin, qu’il s’agisse de leur musique ou de leur port d’attache, comme les Australiens de Jagwar Ma (19), adepte d’un rock dance et psychédélique avec beaucoup de grâce et de sens mélodique. La semaine se conclura, comme nous l’avons dit, le 21, au Bataclan. Et ce n’est pas un hasard si  les programmateurs ont choisi, ce soir-là, comme têtes d’affiche les bluesmen maliens du désert, Tinariwen, peut-être parce que ce collectif symbolise l’échange, le voyage, le pacifisme. En 2007, ce collectif invitait au Bataclan le chanteur de Led Zeppelin, Robert Plant. Il jouera les chansons de son septième album (à paraître en février 2017), intitulé Elwan (les Eléphants). Un rêve pur dans un lieu définitivement marqué mais appelé à revivre.  
 
Festival Inrockuptibles. Du 18 au 21 novembre. 19 h. La Cigale, Boule Noire. 120 bd de Rochechouart, 18e. Bataclan. 50 bd Voltaire, 11e. De 23 à 39,50 €.