Les bons fonds de Veronica Vasicka

À ce niveau, ce n’est plus du digging, mais carrément de l’archéologie. À la tête du label new-yorkais Minimal Wave, la DJ/photographe Veronica Vasicka a ressuscité ces dix dernières années plusieurs artistes oubliés de la musique électronique.

Tout a commencé il y a dix ans, quand elle est tombée sur un disque perdu en traînant sur eBay, Dance Party Album de Z-Factor, le groupe de Vince Lawrence, un producteur de Chicago co-auteur d’On and On, de Jesse Saunders, qu’on soupçonne d’être le premier disque de house de l’histoire.

Elle décide alors de rééditer l’album, introuvable puisque pressé à 500 exemplaires en 1984. Elle gère tout ça dans sa chambre d’ado, chez sa mère – qui met la main à la pâte –, tout en montant une webradio depuis l’étage de la pizzeria où elle est employée.

Difficile de faire plus DIY que ça. Minimal Wave a ainsi relancé quelques vocations perdues, comme celle d’Andy Oppenheimer, du groupe Oppenheimer Analysis, qui a pu lâcher son job de consultant en armes nucléaires (!) pour quelques dates en club.

C’est donc Veronica Vasicka que Resident Advisor a choisi de mettre en avant pour la première de ses quatre dates à Concrete, dans le cadre de sa tournée In Residence, qui visite 12 des meilleurs clubs du monde (dont le Smart Bar à Chicago et le Robert Johnson à Offenbach). Elle sera accompagnée du Parisien Antigone, très en forme ces temps-ci, puisqu’il vient d’enchaîner un bel album avec François X (We Move as One) et un super maxi, Saudade, chez Token Records, et du Suédois Abdulla Rashim, placé en garde à vue en Australie au mois de janvier pour avoir tagué des trains entre deux mix… On ne se refait pas.