Les Nuits de l’Alligator

Peu importe que l’on ne connaisse pas les noms des musiciens programmés aux Nuits de l’Alligator. La star est bien ce festival qui fête sa onzième édition, fidèle à son lieu intime (et parfois trop petit), La Maroquinerie. Il est d’ailleurs dédié à Thomas Duperron, responsable de la communication de la salle, tué au Bataclan.

L’idée était de proposer un festival de blues, pas de ce blues mississippien hypercodifié et historique à la Muddy Waters, mais un blues décalé, alternatif, électrique, à mi-chemin du folk rock et du punk. Depuis plus de dix ans, débarquent ainsi des artistes très différents, et paradoxalement, proches dans leur parcours atypique et leur orientation underground. Si quelques noms ont annulé leur venue (comme Korey Dane), nous pourrons entendre, le 23, Gun Outfit, ce combo américain créé à… Olympia, dans l’Etat de Washington, puis installé en Californie. Son rock léger, électrique, plane, comme porté par les vagues chaudes du Pacifique. Les privilégiés découvriront aussi les Anglais de Jim Jones and The Righteous Mind, un groupe plus sauvage et rauque, avec certains accents à la Tom Waits, ou des serviteurs du garage rock, Daddy Long Legs (26). Des groupes mordants bien à l’image de l’Alligator !