Les Primeurs de Massy

Créé en 1998, le festival des Primeurs de Massy occupe dix-huit ans plus tard une place, si ce n’est essentielle, du moins nécessaire au sein du large éventail des festivals français

Créé en 1998, le festival des Primeurs de Massy occupe dix-huit ans plus tard une place, si ce n’est essentielle, du moins nécessaire au sein du large éventail des festivals français d’aujourd’hui, puisque étant de ceux qui donnent leur chance à ces espoirs qui fleuriront le panorama musical de demain. Fidèle à sa très honorable ligne de conduite, à savoir promouvoir les premiers albums sortis au cours de l’année, on trouve une nouvelle fois de bons produits dans la récolte 2016 des Primeurs : une programmation à l’éclectisme bien senti qui verra passer du beau monde du 26 au 29 octobre au centre culturel Paul B, avec entre autres Acid Arab, Grand Blanc, Samba de la Muerte, Adrien Soleiman, Rocky ou Las Aves. On vous présente ces trois derniers, qui figurent parmi nos coups de cœur.

Adrien Soleiman

Jazzman de formation, Adrien Soleiman s’est non pas fait les dents, mais plutôt les joues, sur son saxophone, et c’est l’année dernière à peine qu’il a décidé de se lancer en solo, après une expérience au sein du groupe Beau Women. Conteur de nostalgie à la voix prodigieuse, contemplateur aussi bien de paysages rêvés que d’une certaine idée que l’on peut se faire de la pop à la française, c’est avec un premier EP, Rue Des Étoiles, dans lequel on retrouvait un condensé de tous les arguments susmentionnés que le Parisien s’est fait connaître en 2015. Une promenade entre les souvenirs d’enfance que l’on retrouve sur son premier album, Brille, qu’il a composé en Bretagne et pour lequel il s’est entouré d’Ash Workman, ancien mixeur de Metronomy qui a aussi collaboré avec Christine and the Queens et NZCA Lines… Pas un manchot, donc. Mercredi 26 octobre à partir de 20 h. 19,80 .

  Rocky

Ils sont cinq et lillois, et pour dire vrai cela faisait un petit moment qu’on attendait ce premier album. Parce que Rocky avait déjà fait forte sensation en 2013 avec la sortie d’un premier EP du même nom, dans lequel on retrouvait « Band Against The Wall », titre épique porté par un cocktail à base de sound system dansant et d’une véritable voix de soul girl, celle d’Inès Kokou, chanteuse du groupe. Ils avaient d’ailleurs eu la chance de goûter à un bout d’Olympia à l’occasion de leur passage au festival Les Inrocks, et on se souvient que le groupe dégageait déjà pas mal d’énergie sur scène. Alors trois ans plus tard, armé d’un premier album aux ambitions plus house, Soft Machines, produit par Guillaume Brière de The Shoes, cela pourrait être explosif. Jeudi 27 octobre à partir de 20 h. 19,80 .

Las Aves

Las Aves est un groupe qui semble en constante mutation, porté par un perpétuel – et nécessaire – besoin de remise en question artistique. Et on se dit que c’est peut-être le but du jeu, en musique comme en tout art d’ailleurs. Parce qu’on a d’abord connu ces Toulousains sous un autre pseudo, celui de The Dodoz, qui en 2012 prêchaient en faveur d’un bon vieux rock aux idées punk comme on aimait si bien le faire avant. Trois ans plus tard on les retrouve sous un autre nom, Las Aves donc, et avec un EP, Los Angeles, toujours punk dans l’esprit mais plus exotique dans le choix des rythmiques et des sonorités. Pour finalement sortir un an plus tard un premier album plus électronique aux accents r’n’b, voire parfois même trap. Une belle prise de risque nommée Die In Shanghai pour un jeune quatuor qui semble avoir déjà eu plusieurs vies. Samedi 29 octobre à partir de 20 h. 19,80 €.

 

Mais il faut aussi y aller pour…
La techno aux saveurs orientales d’Acid Arab, les feel good songs de Papooz, la pop ensoleillée de Samba de la Muerte, la voix d’Awa Ly, les hallucinations bleutées de Le Vasco, la poésie de Baptiste W. Hamon, les rêves torturés de Grand Blanc ou pour le folk tropical de Sages comme des Sauvages…