Nuits Fauves sous acid

Wanderlust ou Nuits Fauves ? En arrivant sur le quai d’Austerlitz, vous n’aurez plus à choisir. À partir de ce vendredi, les deux clubs installés dans la Cité de la Mode et du Design fusionnent.

Le nouvel ensemble comptera donc trois salles, puisque les tables du restaurant du Wanderlust disparaissent pour laisser la place à un nouveau dancefloor. Via un choc de simplification, le superclub s’appellera Nuits Fauves et abritera quelque 2 000 danseurs tous les week-ends. L’inauguration, vendredi, aura toutefois des allures un peu mélancoliques, puisqu’il s’agit d’une soirée hommage à DJ Spank Spank, producteur américain pionnier de l’acid house avec le groupe Phuture, décédé au mois de septembre. C’est lui qui, en 1986, acheta en seconde main une TB-303, un synthétiseur-séquenceur lancé par Roland qui fut un échec commercial total. Après avoir passé des jours à bidouiller sans rien en tirer, il finit par en sortir « un son incroyable ». Il est 4 heures du matin, mais il est tellement excité qu’il appelle DJ Pierre pour le tirer de son lit. C’est à partir de cette trouvaille que le trio de Phuture (complété par Herb J) compose ce qui deviendra le titre “Acid Tracks”. Ils glissent le morceau à Marshall Jefferson pour le mixer, puis à Ron Hardy, le Dj le plus influent de Chicago, qui en fait un tube et la bande-son des raves anglaises. Pour lui rendre hommage, Nuits Fauves a convié les survivants de Phuture pour un live forcément teinté d’émotions, suivi d’un set de DJ Pierre, et d’une performance du duo allemand Hardfloor, tellement férus d’acid house qu’il leur arrive de manipuler jusqu’à six TB-303 modifiées en live. Spank Spank peut reposer en paix, la lignée n’est pas près de s’éteindre.

Tribute to DJ Spank, vendredi 7 octobre à 23h à Nuits Fauves, 32, quai d’Austerlitz, 13e, M° Gare d’Austerlitz.