Printemps de Bourges : les 3 concerts à ne pas manquer

Né en 1977, le Printemps de Bourges, l’un des plus grands rassemblements musicaux du pays, ne fait pas son âge.

Peut être parce que depuis sa création, des artistes établis et rassembleurs côtoient dans la ville du Cher et ses environs de jeunes pousses qui seront peut être les stars de demain. Ainsi, cette année, « une grande dame de la chanson » (qui réfuterait sans doute le terme!), Juliette Gréco, se retrouve à la même affiche que des musiciens sur la pense ascendante – de Jeanne Added à Isaac Delusion – et que les lauréats des iNOUiS, repérés par le réseau Printemps.
Un véritable marathon de sons sur six jours, du 24 au 29 avril : pour s’y repérer, nous avons pioché nos préférences. Voici nos trois coups de coeurs

Jeanne Added

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Jeanne Added, âgée de 34 ans, native de Reims, sait se faire désirer. Un single, A War Is Coming, puis un EP de trois titres, auquel a participé Dan Levy du groupe The Dø, nous a a mis l’eau à la bouche en attendant la sortie de son premier album, Be Sensational, en juin prochain. C’est un peu frustrant, mais cette stratégie ajoute à l’excitation du concert à venir. Car le morceau A War Is Coming nous laisse augurer  du style de cette artiste amatrice de jazz, violoncelliste de formation, mais résolument passée dans l’autre camp.

On y entend un post-punk de fin du monde, sans être trop bruyant, baigné d’un lyrisme solaire. Les autres titres sont différents, montrant la diversité des morceaux très percutants de Jeanne qui chante en anglais et ne cesse d’impressionner. Une révélation, d’ailleurs récompensée par le jury professionnel (dont A Nous Paris faisait partie) du dernier Prix Deezer-Adami.

Mardi 28 à 21 h au 22 Est/Ouest

Ghost Culture

La carrière d’un musicien se résume parfois à peu de chose. Un hasard, un petit mensonge, et voilà comme Ghost Culture a sorti un des disques les plus remarqués de ce début d’année (intitulé Ghost Culture aussi). Il fait fructifier sa rencontre fortuite avec Daniel Avery en s’inventant des compétences de studio, au point de bosser sur Drone Logic, le dernier album du producteur de house. Là, il tombe sur un vieux synthétiseur Korg, et c’est la révélation : « J’avais des chansons et des mélodies dans ma tête, et puis j’ai entendu le son qui sortait de ce synthé… Je lui dois beaucoup. » Il bosse ses morceaux (il cite New Order comme influence et compose des titres qui rappellent Depeche Mode), que Daniel Avery s’empresse de faire écouter à Erol Alkan, le patron du label Phantasy.

Tout ça si discrètement qu’il entend un jour le célèbre producteur Andrew Weatherall encenser « ce type, Ghost Culture »… « Il n’avait pas réalisé que c’était moi ! » Plus songwriter que producteur, Ghost Culture est tombé sur le label idoine avec Phantasy, qui fait le grand écart entre la pop de Connan Mockasin et la techno de Boys Noize. Crooner sanglé à son synthétiseur, le Londonien ne voit la vie qu’en live : « J’en ai assez de voir des types derrière leur écran sur scène, c’est décourageant. Quand je joue, il n’y a rien devant moi. C’est une vraie performance. » Parfait pour le dernier soir du festival.

Mercredi 29 à partir de 21 h au 22

 

Rock’n’ beats

C’est le gros morceau de ce Printemps de Bourges, qui a décidé de programmer le samedi soir “une orgie trans-styles”, entre live et DJ sets. Au programme, outre le duo de Seattle Odesza, qui avait fait pas mal de bruit à l’automne dernier avec son album In Return et ses featurings un peu cheesy (mais ça donne quand même des hits, comme leur Say My Name avec Zyra), et le rock mutant d’Hyphen Hyphen, la soirée réservera quelques petits plaisirs, avec un live de Rone, qui a sorti son étonnant album Creatures au début de l’année, Fakear, parti dans les hautes sphères grâce à ses mélodies électroniques, ou encore l’Anglais masqué SBTRKT. Derrière, la pop et l’électro vont fusionner avec le set de Fritz Kalkbrenner, qui, depuis le succès de Sky & Sands avec son frangin Paul, n’a plus jamais lâché le filon de la pop-house chantée. Le Marseillais N’to est à peu près dans la même lignée, sans les vocals, avec une house un peu trop polie mais qui a trouvé son public. Du coup, après ça, on aura envie d’aspérités, mais on ne les trouvera pas dans le live de Joris Delacroix, Montpelliérain qui aime la techno soyeuse et hypnotique. Il restera Jeff Mills pour sortir de ses gonds. Ça tombe bien : le prolifique pionnier de la techno de Detroit est capable de toutes les audaces

Samedi 25 de 20 h à 5 h au W