Rodion, la dissidence à l’italienne

Rodion, c’est l’histoire d’un enfant de chœur italien qui trouvait son surplis trop serré.

Inscrit dans une école de musique catholique, il passe son enfance dans les 80’s à jouer du piano assis, en rêvassant sur les bandes-son des films de Sergio Leone qu’il regarde sur la télé familiale. Adolescent, Edoardo Cianfanelli découvre The Cure, Depeche Mode, le disco, puis les boîtes de nuit. Devenu trop déviant pour le conservatoire, l’apostat échappe à une carrière dans les tuyaux de l’église et se lance dans la musique électronique au tournant du millénaire.

En 2007, le Romain sort un premier album, Romantic Jet Dance, qui mêle italo-disco et house déviante sur fond de synthés filtrés. Un parcours qui l’emmène logiquement à Berlin, où il signe une série de maxis du même acabit sur le label Gomma. Il ose enfin s’attaquer aux grands maîtres italiens et vulgarise avec finesse leurs œuvres pour les dancefloors : Ennio Morricone, dont il a remixé le Saharan Dream avec un beat house bien tribal, et surtout Giorgio Moroder, qui l’a inspiré pour sa capacité à produire de la musique qui s’écoute aussi bien en club que dans le salon.

Son remix de E=MC2, garni de basses bouillonnantes et de vocodeur a été adoubé par le compositeur de la BO de Midnight Express, qui l’a joué lors de son DJ set pour la Red Bull Music Academy à New York, en 2013. Cosmo Vitelli a eu le bon goût d’inviter l’Italien lors de sa soirée I’m A Cliché à la Java ce vendredi, pour fêter la sortie de son second album en quasi dix ans, Generator, aux côtés des Parisiens Il est vilaine, duo signé sur Kill The DJ, qui possède aussi un certain sens de la dissidence musicale.