Les « petits métiers » farfelus du Paris d’antan

Dans le Paris de la fin du XIXe siècle, trouver un travail pouvait s’avérer être un véritable calvaire. Alors pour échapper à la misère, la génération de nos arrière-grands-parents n’a reculé devant rien et a su développer des trésors d’ingéniosité et de débrouillardise dans le seul but de survivre. Laissez-nous donc vous présenter un TOP 5 des « petits métiers » les plus farfelus !

Le réveilleur


Réveilleur © DR

C’est le réveille-matin ambulant des marchands et revendeurs de la Halle qui commencent le turbin de fort bonne heure. Muni de son calepin contenant les noms et adresses de ses clients, le réveilleur se rend sous les fenêtres de chacun d’eux et y pousse un cri suffisamment puissant pour les réveiller. Afin de s’assurer que la mission est accomplie, il s’engage à ne se retirer que lorsqu’une réponse lui a été donnée, fusse-t-elle ordurière et accompagnée d’un lancé de pantoufle !
 

Le cueilleur d’Orphelins


Ramasseur de bouts de cigares et mégots © DR

Le cueilleur d’orphelins est un type rapide et agile qui, d’un geste précis, ramasse en toute discrétion les bouts de cigares ou de mégots négligemment abandonnés sur les trottoirs, dans les caniveaux ou encore les vespasiennes… Cette fructueuse moisson, une fois mêlée, lui servira a fabriquer un nouveau tabac prêt à être fumé à nouveau par les balayeurs et les travailleurs de nuit ravis de pouvoir se procurer du tabac à bas prix !

 

Le ramasseur de crottes de chiens


Marchand de crottes de chiens © DR

Il passe lui aussi ses journées à lorgner les trottoirs parisiens mais – vous l’aurez deviné – sa quête est tout autre. À l’affût des étrons qui jonchent le pavé, il les ramasse sans broncher, non pas pour nettoyer la chaussée mais pour mieux les revendre aux maroquiniers et mégissiers qui les utilisent pour polir les gants blancs.
 

Le loueur d’enfants


© Léon Claude Vénézia / Roger-Viollet (Et avec une poupée, ça marche ?)

C’est celui qui propose aux filles-mères ou aux mères célibataires de les dépanner en gardant leurs marmots pendant la journée afin qu’elles puissent aller travailler. L’intention serait louable si le bonhomme n’en profitait – dès que vous avez le dos tourné – pour louer vos bambins au premier mendiant venu. Ces derniers utilisaient des petiots – au préalable grimés, barbouillés et parfois même battus ! – dans l’espoir d’attendrir les passants et de voir leurs timbales se remplir de piécettes.
 

L’ange-gardien


© Cabaret L’Enfer, 53 boulevard de Clichy, 1898

En mission pour le Seigneur – il travaille en indépendant ou pour le compte des grands restaurateurs parisiens. Sa mission divine consiste à raccompagner les clients avinés jusqu’à leur domicile, s’assurant ainsi que ces derniers ne finissent pas dans le ruisseau ou pire, détroussés par des brigands. La condition sine qua non de ce poste est la sobriété et à la moindre incartade l’ange se verra déchu à tout jamais, car ne l’oublions pas : celui qui reconduit, c’est celui qui ne boit pas !

La liste des « petits métiers » insolites pratiqués par nos ancêtres est encore longue mais ces quelques exemples vous auront donné un aperçu de ces pratiques pittoresques qui sont aujourd’hui autant de souvenirs des mœurs et de la vie quotidienne du Paris d’antan.

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