Osmose entre 10 monuments historiques et l’art contemporain

A Nous Paris et Artsper, site spécialisé dans la vente d’art contemporain, ont sélectionné pour vous les 10 plus belles collaborations entre des monuments historiques et l’art contemporain, en région parisienne.

«L’art contemporain divise nos visiteurs, notamment les Français qui ont un rapport fort avec leur patrimoine » admet Nadia Croquet, responsable des manifestations culturelles au Centre des Monuments Nationaux.

Mais la tendance, qui attire un autre public que les habitués, n’est pas près de s’arrêter. L’intégration de l’art contemporain, permet notamment d’aiguiser le désir de visite, de casser l’impression de déjà-vu et de montrer qu’un monument n’est pas figé pour l’éternité.

Plafond de Marc Chagall à l’Opéra Garnier

Ministre de la Culture en 1960, André Malraux bouscule les conventions et décide, unilatéralement, de confier le plafond de l’Opéra Garnier à Marc Chagall. Malgré la perplexité du public, l’opération est un succès. Animé par un univers mystique et religieux fait de figures en apesanteur, l’artiste a su magnifier la voûte l’édifice. Avec des couleurs acides et fraiches, en accord avec la chromatique de l’Opéra, le plafond de Chagall parvient à créer un écho pertinent à l’œuvre de Garnier.

® Opéra Garnier – Plafond de Marc Chagall

 

Plafond d’André́ Masson à l’Odéon Théâtre de l’Europe

5 ans plus tard, en 1965, André Malraux récidive et confie la réalisation du plafond du théâtre de l’Odéon à André Masson, peintre surréaliste, mystique, mythique et protéiforme… Son œuvre au Théâtre de l’Odéon reprend le thème de l’Apollon-Soleil et y intègre les figures de la comédie et de la tragédie. Une belle allusion au monde du théâtre.

® Théâtre de l’Odéon – Plafond d’André Masson

 

Daniel Buren au Palais Royal

L’œuvre des Deux plateaux ou Colonnes de Buren évoque pour certains l’une de plus grandes polémiques artistiques du siècle dernier. Présentée en 1985 par Jack Lang, elle divise rapidement la France en deux. Jugée « trop moderne et hautement intellectuelle », l’affaire prend une tournure politique et médiatique avec l’implication de Jacques Chirac, alors maire de Paris, qui s’oppose violemment au projet, et celle du Figaro, titrant une « moderne bataille d’Hernani » en une le 15 mai 1986.

Aujourd’hui, l’œuvre est appréciée des amateurs d’art et des riverains. L’œuvre, loin de vouloir choquer, a trouvé une alternative esthétique et éloquente au parking qui existait jusqu’alors place du Palais Royal. Le péristyle néoclassique du Palais Royal fait désormais écho avec les colonnes minimalistes de Buren et se prête aisément à la déambulation contemplative…

® Daniel Buren – Palais Royal

 

La Pyramide du Louvre de Leoh Ming Pei

A l’initiative de François Mitterrand, la Pyramide du Louvre construite par Leoh Ming Pei en 1989 fut pour le moins remarquée… et décriée… Initialement baptisée « le furoncle de Paris » comme la Tour Eiffel à ses débuts, l’édifice bâti au centre de la place Napoléon III a fini par être adulé par les parisiens et les touristes, devenant l’un des symboles du Louvre.

® La Pyramide du Louvre

 

Léviathan, de Ernesto Neto au Panthéon

En 2006, le Panthéon est temporairement investi par le Léviathan d’Ernesto Neto. L’œuvre, visuellement très surprenante, a pu déranger certaines personnes venues se recueillir au Panthéon. Mais quel effet ! C’est grâce à cette installation que bon nombre de parisiens ont finalement visité le Panthéon.

® Ernesto Neto – Leviathan – Panthéon

 

Vach’art Par

Après avoir fait le tour du monde, l’exposition Vach’art a posé ses valises à Paris. Faite de 100 sculptures de vaches décorées par des artistes contemporains, le projet est une manière originale d’amener l’art contemporain dans l’espace public. Et quoi de mieux que la ville de Paris pour sublimer ces ruminants ?

® Vach’art 2006 Paris


Würsa, de Daniel Firman au Château de Fontainebleau

En 2008, le Palais de Tokyo organise une exposition estivale au Château de Fontainebleau, baptisée Château de Tokyo / Palais de Fontainebleau. L’exposition réunissait plus d’une dizaine d’artistes contemporains venus s’approprier les salons et les parcs du château. Würsa de Daniel Firman (photo) s’est plue à surprendre le visiteur. Dans une galerie d’un grand raffinement, tient en équilibre, presque en apesanteur, un gigantesque et massif éléphant de bronze. Un contraste surprenant !

 

Bernard Venet à Versailles

Après Jeff Koons en 2008, Xavier Veilhan en 2009 et Takashi Murakami en 2010 et avant Anish Kapoor (en ce moment), c’était au tout de Bernard Venet de venir se mesurer au Château de Versailles en 2011. Ce sculpteur minimaliste a sur relever le défi en proposant des œuvres démesurées, mettant en perspective le château. Disséminées dans les jardins de Versailles, ses « lignes indéterminées » de bronze ont dialogué avec la symétrique classique du chef d’œuvre de Le Vau.

 

Le Léviathan, d’Anish Kapoor au Grand Palais

Après Anselm Kiefer en 2007, Richard Serra en 2008 et Christian Boltanski en 2010, Anish Kapoor a investi en 2011 la nef du Grand Palais à l’occasion de MONUMENTA. Pour l’occasion, il a créé une œuvre envoûtante qui happait littéralement le visiteur lorsqu’il déambulait dans ce grand ballon d’air, tout en regardant la verrière en transparence.

 

Li Chen sur la Place Vendôme

Régulièrement, à l’occasion de la FIAC (Foire Internationale d’Art Contemporain), un événement hors-les-murs envahit la place Vendôme. Il y eut le très controversé Tree de Paul McCarthy, la cabane aérienne de Tadashi Kawamata et notre coup de coeur : les sculptures de Li Chen en 2013. Représentant des figures démesurées mais étrangement calmes, elles ont su créer une résonnance douce avec la majesté sereine de la place Vendôme…

® Li Chen – Place Vendôme